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Pourquoi valoriser une biotech est hard ?

 
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MessagePosté le: Mar 1 Mar - 17:25 (2016)    Sujet du message: Pourquoi valoriser une biotech est hard ? Répondre en citant

pourquoi valoriser une biotech est hard

y a plusieurs raisons à cela mais la principale raison est qu’on manque d’exemples de BIOTECH ayant conservé leur statut de société de recherche une fois le premier médicament à succès arrivé sur le marché.
 
La majorité des sociétés de biotechnologies ont vu le jour il y a un peu plus d’une quinzaine d’années quand on a jugé qu’il serait intéressant de faire sortir la recherche fondamentale des laboratoires afin que les organismes de recherche et les chercheurs retirent un bénéfice de leur travail plutôt que de se faire piller une fois leurs travaux publiés.
 
Cela correspondait de plus à l’évolution des choix de laboratoires pharmaceutiques qui jusqu’alors supportaient seuls les recherches liées au développement de nouveaux médicaments et qui commençaient à creuser l’idée d’exporter ce risque sur des structures externes.
 
Le pourcentage de médicaments étudiés par les labos qui arrivaient sur le marché était très faibles et donc le cout de recherche de tous les ratés devait être supportés par les quelques molécules gagnantes ce qui grevait les gains.
 
L’idée de monter des petites structures de recherches privées liées aux unités de recherches universitaires ou publiques et en partenariat avec les laboratoires pharmaceutiques afin de leur faire supporter ce risque de recherche et développement était née.
 
C’est ce que l’on appelle aujourd’hui une Biotech.
 
Partir d’une molécule prometteuse pour en faire un médicament prend entre 11 et 15 ans si elle traverse l’ensemble des phases de recherche sans encombre. Ce sont de gros investissements très risqués (plusieurs centaines de million de $) mais lorsque la molécule se rapproche de la fin de son développement tout change.
 
Et c’est pourquoi on parle depuis deux ans de la bulle des Biotech en bourse car brusquement leur valorisation se met à exploser. Ce n’est pas une bulle, c’est la molécule partie du bas de l’iceberg qui après des années de recherches sous le niveau de la mer de courte vue des investisseurs et analystes sort enfin de l’eau pour gravir les 10%, 15% ou 20% restants la menant au sommet de l’iceberg, le MARCHÉ .
 
Or les Biotechs créée ils y a 15 ans sortent logiquement une à une de l’ombre avec un médicament prometteur.
 
Brusquement les investisseurs prennent conscience qu’il y a un produit dont ils n’avaient jamais entendu parlé auparavant qui pourrait dans un avenir proche, ramener des milliards de dollars de revenu. Cela paraît inconcevable et même très louche a toute une frange d’investisseurs qui oublient les 15 ans de travail de soutier pour faire sortir la molécule de son laboratoire.
 
Les laboratoires pharmaceutiques, qui eux savent très bien ce qui se passe dans les Biotechs qu’ils accompagnent au jour le jour ont, de leur coté, réduit drastiquement leur budget de recherche et développement depuis des années et sont donc à l’affut pour récupérer les nouveaux produits sortis de celle unité de recherche et développement externalisée.
 
Mais la concurrence est rude car toutes ces grosses Pharma qui ont réalisé des bénéfices énormes ces dernières années voient la fin de leurs licences de médicament arriver. Les beaux jours sont finis et vous allez comprendre pourquoi.
 
La stratégie adoptée il y a quelques années d’externaliser la recherche dans des Biotechs n’était pas un choix philanthropique, à l’époque une grande partie des bénéfices des médicaments sur le marché était alors réinvestie dans la recherche des futurs médicaments ce qui coutait très cher et réduisait les profits immédiats.
 
En réduisant les couts de recherche et développement, les gros laboratoires de pharmacie sont devenues des machines à CASH, elle profitaient des recherches de ceux qui les avaient précédés, et n’investissaient plus pour préparer le développement des années à venir. Leurs résultats financiers sont devenus astronomiques et les analystes financiers s’ébaudissaient devant les performances de ces grands gestionnaires.
 
Sauf que, la fête est finie, les licences de leurs médicaments tombent une à une dans le domaine public et il faut qu’ils renouvellent rapidement leur catalogue avec des médicaments plus performants que ceux sur le marché disponibles sous forme générique et à bas prix.
 
Leur grand atout, une force de frappe commerciale très importante et des montagnes de CASH.
 
Ou sont donc les médicaments de demain, et bien dans le catalogue de toutes ces petites Biotechs qui rament depuis des années pour sortir leur molécule et qui enfin, voient le bout du tunnel.
 
Ce sont elles et leurs actionnaires qui ont pris le risque financier que les gros labos pharmaceutiques ont renoncé à prendre. On peut donc dire que l’ensemble des Biotechs prêtes à sortir un médicament sur le marché capitalisent virtuellement dans leur ensemble la somme des économies en recherche et développement des gros laboratoires pharmaceutiques pour les 15 dernières années. On parle ici de centaines de milliards de $.
 
L’industrie pharmaceutique va donc devoir licencier ou racheter au prix fort les médicaments de demain. Si des acteurs du marché sont surpris des sommes énormes que les gros laboratoires sont prêts a mettre sur la table pour racheter des médicaments en phases d’études cliniques avancées, c’est qu’ils n’ont pas fait l’analyse que nous venons de faire, et ils n’ont pas fini d’être surpris.
 
Car comme le nombre de molécules à fort potentiel ( les blockbusters qui sont sensés ramener plus d’un milliard de dollars de CA par an) sont rares, la concurrence est rude et les enchères peuvent monter très haut. Les grosses pharma jouent leur survie et de nombreux analystes financiers ne l’ont pas encore compris.
 
Comme ce ne sont pas des enfants de cœur nous ne sommes pas a l’abris d’éventuelles manœuvres de leur part pour essayer de racheter à bas prix ce qu’ils devraient payer très cher, manœuvres boursières, ententes entre les acheteurs, etc … les sommes en jeu sont tellement colossales que tous les coups seront permis.
 
De leur coté, les Biotechs ayant un produit proche de la commercialisation peuvent avoir la tentation de se dire, puisque nous avons supporté tous les risques, pourquoi ne pas aller au
                                                                                  bout et distribuer nous même notre médicament plutôt que de ne toucher que des redevances sur les ventes .. Cette stratégie est mortifère pour les big pharma et soyons surs qu’elles mettront tout en œuvre pour que cela n’arrive pas.
 
A ce jour la quasi totalité des Biotechs ayant un médicament blockbuster entre les mains se sont vues rachetées par un laboratoire. De ce fait on manque d’exemple de Biotechs ayant uniquement licencié un véritable blockbuster pour analyser son modèle économique.
 
C’est pour cela que dans la majorités des analyses financières publiées sur les Biotechs, l’analyste se raccroche à ce qu’il connaît c’est a dire le modèle économique des laboratoires
                                                                                  pharmaceutiques.
 
Or les modèles économiques sont totalement différents :
 
Prenons le modèle d’un gros laboratoire pharmaceutique
 
La ventilation de son chiffre d’affaire ressemble à peu près à cela :
 
cam1 (voir site)

 
 
Or une Biotech arrivée en fin de processus de recherche va licencier son médicament assez cher (30%)
 
De ce fait elle va toucher 30% du montant des ventes mais n’a quasi pas de dépenses
 
Elle peut continuer à effectuer de la recherche et développement sur d’autres molécules
 
Elle n’a pas de frais de commercialisation et de marketing
 
Elle a des frais de gestion réduits car peu de clients ( en fait quasiment un seul)
 
Si elle produit elle même le médicament ce qui n’est généralement ce n’est pas le cas, ses frais de production sont très réduits
 
Ses dépenses sont derrière elles, elle doit juste rembourser au décuple ses actionnaires qui ont avancé et risqué les sommes nécessaires à la recherche.
 
Cela donne plutôt cela.
 
cam2 (voir site)

 Dans le pire des cas la marge est 2 à 3 fois supérieure à celle d’une BIG Pharma
 
Et dans le cas ou les revenus du médicament croissent de manière importante ( plusieurs milliards de $ de redevance), les frais, eux, n’augmentent pas en proportion ce qui fait que l’on arrive rapidement à une répartition qui semble inimaginable aux yeux de tout analyste financier dans le mode, « ca n’est jamais arrivé donc ca n’arrivera jamais »
 
cam3 (voir site)
 
 

On comprend mieux pourquoi les gros laboratoires pharmaceutiques préfèrent racheter la Biotech plutôt que de payer une licence, ils savent très bien les profits qu’elle en retirerait, La Biotech aussi et c’est pourquoi elle attend que le laboratoire sorte un très très très gros chèque. Pour les Blockbusters le cheque est généralement à la hauteur des attentes de la Biotech et elle se fait racheter.
Voilà pourquoi nous n’avons pas encore d’exemple de Biotech avec une marge supérieure à 80% et cela n’arrivera peut être jamais, elle sera rachetée avant.
 
De ce fait un analyste Financier se trouve devant une terre inconnue et il s’appuie sur les modeles economiques à sa disposition, les Pharmas alors que dans les cas d’une Biotech il n’existe que deux facons de la valoriser :
 
1 - Estimer sa valeur de rachat, non pas sur ses profits propres mais sur le gain espéré du laboratoire acheteur lors des 20 ans qui vont suivre. Pour cela il faut regarder quels ratios sont pratiqués entre le marché estimé du medicament et les prix récemment proposés pour des rachats de Biotech. Les derniers chiffres publiés par certains analystes US donnaient 2,4 fois le chiffre d’affaire annuel de pointe estimé du medicament.
 
2 - Estimer le revenu moyen annuel de la biotech sur la base d’une estimation globale du marché, d’une parte de marché, d’une redevance percue et, à partir de cela, Inventer un nouveau model economique en ne raisonant plus en pourcentages de dépenses proportionnelles au revenu mais bien en valeur absolue des dépenses prévisibles. On estime les revenus, et séparement on estime le cash burning. La difference c’est de la marge. il ne reste plus qu’a appliquer un PER raisonnable entre 10 et 20, cela laisse une marge d’appreciation aux analystes. Sur cette estimation il faut appliquer un coefficient de risque minorateur qui permet d’integrer la probabilité que le medicament, qui n’est pas encore sur le marché, l’atteigne. Ce coefficient de risque peut être appliqué de maniere arbitraire selon la phase d’avancement de la recherche ou on peut utiliser la methode de valorisation de benefices futurs en integrant un coefficient de risque annuel tenant compte lui aussi de la phase d’avencement de la recherche, mais comme pour une entreprise lambda que l’on voudrait acquérir.
Au final il faut estimer le nombre d’action de la biotech au moment de l’acces au marché du médicament ou du rachat, ces dernieres ayant tendance à faire souvent appel au marché pour se recapitaliser c’est un point à ne pas négliger.
 

En conclusion, les Biotechs ne sont pas chères, elles capitalisent le montant que les grosses pharma auraient du mettre pour effectuer elles meme leurs recherches depuis 15 ans en integrant aussi le coût de tous les échecs. Ce nouveau paradigme qui a été mis en place il y a 15 ans a profité uniquement aux gros laboratoires pharmaceutiques qui ont capitalisé les sommes énormes qu’elles n’avaient plus à dépenser en recherche. Maintenant qu’elles ont besoin de nouveaux médicament, Il est temps pour elles de passer à la caisse.


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MessagePosté le: Mar 1 Mar - 17:25 (2016)    Sujet du message: Publicité

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